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The Last Nomad : un documentaire engagé pour la protection du Sinjajevina

Pour la première fois, la Fondation Petrovitch Njegosh est partenaire d’un film documentaire et cette envie est née d’un véritable coup de coeur pour beauté du film et pour l’engagement de ses personnages et de ses auteurs. Il suit l’épopée intime d’une bergère, Gara devenue malgré elle une véritable figure féminine du militantisme écologique Monténégrin, […]

Pour la première fois, la Fondation Petrovitch Njegosh est partenaire d’un film documentaire et cette envie est née d’un véritable coup de coeur pour beauté du film et pour l’engagement de ses personnages et de ses auteurs.

Il suit l’épopée intime d’une bergère, Gara devenue malgré elle une véritable figure féminine du militantisme écologique Monténégrin, en lutte contre l’occupation de la montagne par un camps militaire.

Des moutons ! Pas des canons !*

*Slogan des militants écologiques sur le plateau du Larzac

L’histoire

Au Monténégro, Gara et sa belle-fille vivent de l’élevage et la fabrication du fromage dans leur chalet situé sur le deuxième plus grand pâturage d’Europe. Son immensité, sa beauté et sa biodiversité en font une réserve naturelle unique, doublement protégée par l’UNESCO depuis 1977.

C’est également la terre d’une communauté de bergers qui pratique depuis toujours, la transhumance saisonnière et dont la tradition pastorale a permis la préservation des écosystèmes locaux pendant des millénaires.

Pourtant, en 2019, le gouvernement Monténégrin décide d’y implanter un camps d’entrainement militaire, sans consulter les habitants et faisant fit de l’UNESCO.

Le 27 septembre, l’armée Monténégrine inaugure son nouveau terrain d’entraînement militaire de plus de 7500 hectares, au cœur de la réserve de la rivière Tara. Le même jour, les troupes de l’OTAN font sauter une demi-tonne d’explosifs, malgré la population locale et les bergers, présents dans la zone. Fermant les routes et et les accès vers les zones de pâturages, les bergers et leurs troupeaux et se sont vu alors interdire l’accès à leurs terres.

Un documentaire devenu plaidoyer

Contestant la décision gouvernement et espérant l’unité des habitants, des militants mais aussi du Parlement Européen, ce documentaire vise à renforcer l’organisation et la lutte des communautés pastorales locales, mais aussi à reconnaitre leur statut socio-écologique national et enfin à leur permettre d’acquérir une protection et un cadre juridique pour se défendre publiquement, de manière autonome.

Ce film cherche donc à interpeller la communauté internationale, les groupes écologiques et les ONG soeurs afin que les institutions publiques se conforment aux normes nationales et internationales de protection l’environnement.
Il cherche également à influencer les négociations d’adhésion entre le Monténégro et l’UE afin que le Monténégro respecte les normes de l’UE, concernant les défis climatiques et environnementaux.

« Le projet de film de de Biljana et de Petar, n’est pas sans me rappeler la mobilisation incroyable qui a eu lieu en France entre 1971 et 1981 pour défendre le plateau du Larzac contre un projet de camp militaire qui devait chasser les bergers et les moutons de leurs territoires. Cette première victoire de l’écologie a été le début d’une prise de conscience et la naissance du courant écologique en France.« 

Prince Nicolas Petrovitch Njegosh

Aidez-les, en signant la pétition et la partageant sur vos réseaux. Soutenez la cause du Sinjajevina en faisant un don sur le site.

Biographies :

Biljana Tutorov est auteure, réalisatrice et productrice. Après avoir obtenu son diplôme d’histoire de l’art à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, elle a étudié l’anthropologie cinématographique et le théâtre à Paris. En 2018, elle a créé le CIRCLE – Women Doc Accelerator, une nouvelle plateforme pour les réalisatrices. C’est une ancienne d’EURODOC et de Producers On The Move, elle est également membre de l’association Dokserbia, du Réseau européen des femmes audiovisuelles (EWA), de l’Académie européenne du cinéma (EFA) et membre du conseil consultatif de l’Association documentaire d’Europe (DAE).
Petar Glomazić est diplômé de la Faculté de génie mécanique de l’Université de Belgrade en 1994. En 1996, il l’est également de la RTS l’Ecole pour le film documentaire et a commencé à travailler comme chercheur dans leur département des programmes éducatifs. Pendant plus de 20 ans, Petar Glomazic a également travaillé dans l’industrie aéronautique pendant plus de 20 ans. Depuis 2014, il travaille comme producteur associé pour la société de production Wake Up Films, à Novi Sad, en Serbie.

Découvrez un extrait de leur ITW

Petar : Notre film se déroule dans la montagne Sinjajevina, le deuxième plus grand pâturage d’Europe, situé à 2000 m d’altitude. Depuis des millénaires, il est utilisé par les bergers entre juin et octobre. Ils viennent de leurs villages et marchent avec leurs troupeaux pendant plusieurs jours afin de rejoindre leurs prairies. l’écosystème y est extrêmement rare. Elle abrite des milliers d’espèces végétales et des animaux sauvages : des loups, des ours, et des aigles… La fonte de ses neiges en fait le réservoir d’eau de la région. C’est une zone à part : il n’y a plus de routes, d’électricité, ni même de réseaux téléphoniques.

Biljana : C’est ici que nous avons rencontré Gara qui vivent d’une manière qui nous inspire – sans empreinte écologique et de manière durable. Avant de les rencontrer, nous avons découvert cet endroit étonnant et ses habitants pendant un an avant que la vie n’apporte des rebondissements inattendus et malheureux…

Petar : Des rumeurs selon lesquelles Sinjajevina allait devenir un terrain d’entraînement militaire nous sont parvenues officieusement au début de 2019. Malgré le statut d’«État Écologique» de notre constitution, le gouvernement du Monténégro, au pouvoir depuis 30 ans, a pris cette décision stupéfiante juste après après l’adhésion du Monténégro à l’OTAN.
Notre film se déroule donc pendant ce moment historique. Cette décision a été prise sans aucune consultation du publique et des communautés locales et universitaires. Les bergers et les militants ont organisé des manifestations et Gara a pris un rôle de premier ordre dans ce mouvement civique.

Biljana : Mais il y a beaucoup plus à propos de Gara que son activisme…

Petar : La montagne du Sinjajevina ou «La Mère» comme l’appelle Gara, est également un personnage de notre film. Nous sommes témoins de la relation entre les hommes et la nature, qui les abrite et les nourrit. Sinjajevina a aidé Gara et Nada à surmonter d’énormes pertes et traumatismes.

Biljana : Le mystère qui plane dans les paysages se révèle tout au long du documentaire à travers les différentes situations de vie et les dialogues des personnages. Comme un échos l’une de l’autre, c’est à la fois l’histoire de la violence contre les femmes et celle de la violence contre la nature. Nous tournerons pendant trois ans au total, au fil des saisons. Pour porter au mieux ce projet, nous montons avec Marie-Hélène Dozo, connue pour sa longue collaboration avec les frères Dardennes et Roberto Minervini.

Retrouvez plus d’infos sur leur site

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