Conférence COP21 Monténégro-Paris

La Fondation Petrovic Njegos, avec l’Ambassade de France au Monténégro et l’Université Mediteran, a organisé la Conférence COP21 Montenegro-Paris qui a eu lieu le vendredi 11 décembre à 17h dans la salle multimédia de l’Agence de gestion pour les ressources humaines ( 2A bd Jovana Tomasevica, Podgorica).

Sébastien Balibar, membre de l’Académie des sciences et auteur de l’ouvrage « Climat : y voir clair pour agir », était l’invité spécial de l’évènement.

Discours du président de la Fondation lors de la Conférence COP21 Monténégro- Paris

Chers amis,

Salut et fraternité !

Désolé pour le protocole, mais aujourd’hui face aux questions que nous allons évoquer, il n’y a plus ni Prince, ni Présidents, ni doyens, ni étudiants, ni riches ni pauvres, ni jeunes ni vieux… Seulement des êtres humains confrontés pour la première fois depuis la nuit des temps à la menace de la disparition annoncée de l’humanité. Si je peux m’exprimer ainsi, nous sommes tous dans le même bateau.

C’est pour cela que je suis heureux que nous ayons pu organiser ce forum pour le climat le jour même où à Paris se termine la COP 21, 21ème conférence sur le climat que beaucoup appellent « Celle de la dernière chance » et que je préfère appeler « Celle de la première chance ». En effet nous, les humains, jamais nous n’avons été aussi conscients de l’urgence d’aboutir à un remaniement profond de nos sociétés. C’est ça pour moi la première chance et ceux qui la refusent sont à proprement parler des «êtres inhumains ».

Donc à Podgorica aujourd’hui, entre nous ici présents, nous allons avoir les mêmes préoccupations, voir les mêmes images, avoir les mêmes sujets de discutions que les dirigeants de la planète qui se sont réunis à Paris.

Paris / Podgorica même combat

Permettez moi avant tout de saluer la mémoire des 130 victimes innocentes qui ont été sauvagement abattues à Paris par de jeunes hommes contaminés par une haine insensée. Haine contre eux-mêmes, haine contre la vie, haine même contre le Dieu qu’ils invoquent et qu’ils méprisent en détruisant sa création.

Et cela n’est pas sans rapport avec le sujet qui nous réunis aujourd’hui.

Car la seule réponse à cette haine est l’amour, l’amour de la vie, l’amour pour la planète qui la porte et pour ceux qui l’habitent.

L’amour toujours représenté justement comme un ange armé. Armé avec un arc et une flèche. La Flèche qui réveille les indifférents, mais aussi la flèche pour les combats auxquels nous sommes parfois provoqués par la haine et la barbarie.

La même question se pose : L’homme est il assez fou pour se détruire lui même par haine ou par avidité ?

La question qui nous préoccupe aujourd’hui et qui, elle aussi, remet en cause jusqu’à notre humanité va demander aux hommes les talents de l’Amour : La passion, la générosité, l’abnégation, la créativité, la solidarité.

En effet lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences ne sera pas facile et nous demandera des sacrifices. Nous devrons nous distancer de notre individualisme et de notre antropocentrisme. Nous devrons dépasser l’euphorie consumériste qui nous consume. Comme l’amour souvent l’exige nous devrons changer nos habitudes, notre mode de vie, si nous ne voulons pas que les générations futures nous maudissent et que l’humanité sombre dans un océan de haine.

C’est pour cette raison que j’ai proposé que les questions liées au réchauffement climatiques soient posées par des jeunes hommes et des jeunes femmes qui nous succéderont, mais aussi, que les réponses que nous pourrons, j’espère leur apporter soient brèves et précises. Des questions qui les engagent et en face des réponses qui nous engagent.

C’est pourquoi j’ai souhaité la présence de Sébastien Balibar chercheur à l’école Normale Supérieure de Paris, qui dirige également la section de Physique à l’Académie des Sciences et collaborateur du GIEC. Il vient justement d’écrire un livre très documenté sur la question du climat.

Cher Sébastien, je tiens à te remercie d’être venu malgré ton emploie du temps chargé et je te souhaite la bienvenue pour ta deuxième visite au Monténégro. En effet Sébastien est également membre du conseil exécutif du Prix Tesla et à ce titre il est venu l’année dernière pour la remise du Prix.

Mais avant de lui laisser la parole, permettez moi de remercier chaleureusement tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ce Forum.

Merci Jean Jacques pour votre soutien merci à l’Ambassade et à l’institut Culturel Français, Merci cher Monsieur Vukovic et à l’équipe la faculté Méditerranée qui vont animer ce soir notre forum. Je remercie particulièrement les étudiants ainsi que leur « EKOCOATCH » Milena Spicanovic Bulatovic. Merci également à tous ceux qui ont accepté de participer et d’enrichir le débat.

Merci à la directrice de l’Agence de gestion pour les ressources humaines, à Madame Vukovic, pour la mise à disposition de la salle.

Merci aux équipes techniques et aux traducteurs.

Merci à vous tous pour votre présence et j’espère qu’après ce forum vous vous sentirez plus concernés, plus mobilisés et plus solidaires par rapport à tous les efforts qui sont fait et seront fait pour éviter les catastrophes environnementales dont le réchauffement climatique nous menace.

Les deux reproductions que vous pouvez voir de part et d’autre de la tribune sont des reproductions d’un travail passionnant qu‘Anka Buric est en train de réaliser pour CANU « Otisak kamena – Stecci u Crnoj Gori ». Il s’agit d’une série d’empreintes faites à partir des pierres tombales primitives qui sont dans le jardin du Biljarda. Cet homme sculpté sur la pierre entre ciel et terre suspendu à une tige verticale (arbre ou lance ?) m’a fait penser immédiatement à la destiné humaine et l’empreinte au charbon qu’Anka était en train de faire m’a tout de suite évoque cette question que nous devrons nous poser « Quel empreinte l’homme laissera-t’il sur terre »

Je voudrais féliciter Anka pour ce travail de gravure original et j’ose dire métaphysique.

Les vidéos que vous allez voir sont réalisées par une NGO « Wild Touch » et par le Glaciologue Claude Lorius et le Cinéaste Luc Jacquet auteur de « la marche de l’Empereur » et de « la Glace et le Ciel ».

Elles sont libres de droit, vous pouvez les télécharger sur leur web-site nous les avons sous titré avec le soutien de l’Institut Français et nous allons les diffuser dans les différentes écoles du Monténégro et chez nos voisins.

Je tiens à les saluer pour le travail formidable qu’ils font.

Depuis longtemps je me suis plongé dans toutes ces questions qui touchent notre environnement. Je suis plus que jamais convaincu que l’Etat écologique est pour le Monténégro la seule perspective qui peut nous unir autour d’un projet valorisant et qui peut également nous apporter la considération et le soutien du monde entier.

Face à ce défit plus que jamais les mots de Petar II résonne dans nos montagnes « Neka bude sto biti ne moze »

Hvala na paznji